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	<title>Le Secret derrière le Tableau</title>
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	<title>Le Secret derrière le Tableau</title>
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		<title>Surpris ! &#8211; Henri Rousseau</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sylvia Roustant]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 12 Apr 2026 07:26:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[XIXe siècle]]></category>
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<div class="wp-block-media-text is-stacked-on-mobile"><figure class="wp-block-media-text__media"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="800" height="644" src="https://lesecretderriereletableau.fr/wp-content/uploads/2026/04/N-6421-00-000034-wpu.jpg" alt="" class="wp-image-1301 size-full" srcset="https://lesecretderriereletableau.fr/wp-content/uploads/2026/04/N-6421-00-000034-wpu.jpg 800w, https://lesecretderriereletableau.fr/wp-content/uploads/2026/04/N-6421-00-000034-wpu-300x242.jpg 300w, https://lesecretderriereletableau.fr/wp-content/uploads/2026/04/N-6421-00-000034-wpu-768x618.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></figure><div class="wp-block-media-text__content">
<p>Mais qui est surpris dans cette toile ?</p>



<p>Le tigre, oeil rond et moustaches hirsutes, que l&rsquo;orage surprend au coeur de la forêt tropicale ?</p>



<p>La proie du tigre qui bondit en montrant ses dents ?</p>



<p>Ou le regardeur dérouté par ce titre avec point d&rsquo;exclamation autant que par la facture du tableau, magnifique et maladroite à la fois ?</p>



<p>Les éclairs zèbrent le ciel tandis que la pluie s&rsquo;abat en traits obliques et argentés, comme dans les estampes japonaises d&rsquo;Hiroshige à la mode en France en cette fin de XIXe siècle. La végétation luxuriante subit les assauts du vent : les feuilles s&rsquo;agitent et les grandes herbes et les branches ploient vers la droite.&nbsp;</p>



<p>Cette jungle aux couleurs profondes, aux multiples nuances de vert, Rousseau ne l&rsquo;a pourtant jamais vue. Il a prétendu avoir servi au Mexique mais il n&rsquo;a en réalité jamais quitté la France. La diversité et la richesse de la végétation de ses toiles de jungle (celle-ci datant de 1891 est d&rsquo;ailleurs la première), il la puise dans l&rsquo;observation des spécimens du Jardin des Plantes. « Quand j&rsquo;entre dans les maisons de verre et que je vois les plantes étranges des terres exotiques, il me semble que j&rsquo;entre dans un rêve » déclare-t-il.</p>



<p>Et, de fait, lorsque nous voyons ses tableaux, c&rsquo;est nous qui entrons dans un rêve&#8230;</p>



<p>Un rêve dans lequel il ne faut pas chercher le réalisme de la représentation sous peine d&rsquo;être surpris par ce tigre aux allures de chat grotesque plaqué maladroitement sur les hautes herbes. Et en effet, ils ont été nombreux à rire devant les toiles naïves de l&rsquo;autodidacte Rousseau. Le peintre s&rsquo;est d&rsquo;ailleurs plu à découper et coller dans un carnet les critiques dédaigneuses et moqueuses de ses œuvres. Qu&rsquo;importe! On parlait de lui ! Qu&rsquo;importe ! Les artistes de son temps reconnaissaient son talent ! Picasso lui acheta des toiles et organisa même un banquet en son honneur !</p>



<p>Rousseau n&rsquo;en vécut pas moins jusqu&rsquo;à la fin de sa vie dans la misère, quémandant parfois quelque argent pour manger à son ami Apollinaire. Ses jungles qui montrent souvent un animal dévorant sauvagement sa proie ne racontent-elles pas l&rsquo;homme que la faim tourmente ?</p>



<p>Mais ici, où se trouve la proie du tigre ? Rousseau expliqua qu&rsquo;il s&rsquo;agissait d&rsquo;explorateurs mais il choisit de les placer hors-champ. Ou peut-être se résolut-il à les placer hors-champ devant la difficulté qu&rsquo;il rencontra à les représenter. Regardez l&rsquo;ombre à droite dans les herbes, n&rsquo;était-ce pas là l&#8217;emplacement réservé à la proie ? En tout cas, ces explorateurs hors-champ, ce sont un peu nos doubles, à nous qui découvrons le tableau&#8230; Si nous sommes d&rsquo;abord surpris par ce tigre qui ressemble si peu à ceux des toiles d&rsquo;un Delacroix, nous finissons par nous perdre dans la contemplation de ces jungles rêvées.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Où voir l&rsquo;oeuvre : National Gallery de Londres</p>
</blockquote>
</div></div>
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		<item>
		<title>Une expérience sur un oiseau dans une pompe à air &#8211; Joseph Whright of Derby</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sylvia Roustant]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 05 Apr 2026 07:09:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[XVIIIe siècle]]></category>
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<div class="wp-block-media-text is-stacked-on-mobile"><figure class="wp-block-media-text__media"><img decoding="async" width="1024" height="767" src="https://lesecretderriereletableau.fr/wp-content/uploads/2026/04/An_Experiment_on_a_Bird_in_an_Air_Pump_by_Joseph_Wright_of_Derby_1768-1-1024x767.jpg" alt="" class="wp-image-1298 size-full" srcset="https://lesecretderriereletableau.fr/wp-content/uploads/2026/04/An_Experiment_on_a_Bird_in_an_Air_Pump_by_Joseph_Wright_of_Derby_1768-1-1024x767.jpg 1024w, https://lesecretderriereletableau.fr/wp-content/uploads/2026/04/An_Experiment_on_a_Bird_in_an_Air_Pump_by_Joseph_Wright_of_Derby_1768-1-300x225.jpg 300w, https://lesecretderriereletableau.fr/wp-content/uploads/2026/04/An_Experiment_on_a_Bird_in_an_Air_Pump_by_Joseph_Wright_of_Derby_1768-1-768x575.jpg 768w, https://lesecretderriereletableau.fr/wp-content/uploads/2026/04/An_Experiment_on_a_Bird_in_an_Air_Pump_by_Joseph_Wright_of_Derby_1768-1.jpg 1280w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure><div class="wp-block-media-text__content">
<p>Dans ce tableau, la science s&rsquo;invite dans l&rsquo;intimité d&rsquo;une maison de la petite noblesse anglaise et l&rsquo;expérience se fait spectacle devant un public familial aux réactions variées.</p>



<p>Dans la pénombre de la nuit, la lumière jaillit : c&rsquo;est l&rsquo;esprit des Lumières qui éclaire le monde et combat l&rsquo;obscurantisme par la raison et le savoir.</p>



<p>Le scientifique occupe la place centrale du tableau, sa coiffure échevelée, son geste théâtral lui confère des allures de savant fou mais son regard est fatigué.</p>



<p>De la main gauche, il s&rsquo;apprête à mettre en marche son expérience : l&rsquo;air de la cloche en verre va se vider, entraînant la mort du cacatoès qui se trouve à l&rsquo;intérieur. A gauche du tableau, un homme, montre en main, s&rsquo;apprête à chronométrer l&rsquo;expérience, tandis qu&rsquo;un jeune homme à droite remonte la cage de l&rsquo;oiseau, désormais inutile, mais qui rappelle le prix et le rôle d&rsquo;agrément de l&rsquo;animal qu&rsquo;on sacrifie à la science.&nbsp;</p>



<p>Deux fillettes, s&rsquo;accrochant l&rsquo;une à l&rsquo;autre, semblent terrifiées : l&rsquo;une se cache les yeux pour ne pas assister à la mort de l&rsquo;oiseau, l&rsquo;autre lance vers la cloche un regard angoissé. Un homme qui est probablement leur père tente de les inciter au courage en pointant un doigt vers l&rsquo;expérience qu&rsquo;il souhaite partager avec elles.&nbsp;</p>



<p>A gauche du tableau, en revanche, un homme et une femme paraissent complètement indifférent à ce qu&rsquo;il se passe dans la pièce. Chacun plonge son regard dans celui de l&rsquo;autre. L&rsquo;amour n&rsquo;a que faire de l&rsquo;expérience et de la raison ! Et la science n&rsquo;explique pas l&rsquo;amour !</p>



<p>Devant le couple, un garçon curieux se contorsionne pour mieux voir l&rsquo;expérience.</p>



<p>La lumière qui éclaire en partie les visages et les carnations rappelle les clairs obscurs du Caravage ou de Georges de La Tour mais chez le peintre anglais la science semble avoir remplacé la religion. Pourtant le scientifique a des allures de prophète et le cacatoès, par sa blancheur, évoque la colombe qui symbolise traditionnellement l&rsquo;esprit saint. Le scientifique s&rsquo;apprête, tel un démiurge, à décider de la vie et de la mort.</p>



<p>A la lumière qui dramatise la scène, s&rsquo;ajoute la pleine lune que l&rsquo;on aperçoit par la fenêtre. Elle est sans doute aussi un clin d&rsquo;œil aux membres de la Lunar society of Birmingham, un groupe d&rsquo;industriels et de scientifiques dont Whright était proche et qui se réunissait les soirs de pleine lune pour s&rsquo;adonner à des expériences.</p>



<p>La science, même si elle est louée par l&rsquo;esprit des Lumières, prend ici une dimension inquiétante. Jusqu&rsquo;où ira l&rsquo;homme dans ses découvertes ? Au prix de quel sacrifice ? La science sera-t-elle toujours mise au service du bien ou ne servira-t-elle que l&rsquo;hybris humaine ?</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Où voir l&rsquo;oeuvre : Tate Britain, Londres.</p>
</blockquote>
</div></div>
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		<title>Orchidée cattleya et trois colibris &#8211; Martin Johnson Heade</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sylvia Roustant]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 15 Mar 2026 08:57:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[XIXe siècle]]></category>
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					<description><![CDATA[Peintre américain spécialisé dans la peinture de paysage, Heade voyage en Amérique centrale et en Amérique du Sud où il se plaît à représenter la faune et la flore d&#8217;une nature luxuriante. Dans ce tableau de 1871, une orchidée cattleya occupe le premier plan. Son rose éclatant illumine la toile. Observez la délicatesse de ses [&#8230;]]]></description>
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<div class="wp-block-media-text is-stacked-on-mobile"><figure class="wp-block-media-text__media"><img decoding="async" width="800" height="582" src="https://lesecretderriereletableau.fr/wp-content/uploads/2026/03/1052609689.jpg" alt="" class="wp-image-1292 size-full" srcset="https://lesecretderriereletableau.fr/wp-content/uploads/2026/03/1052609689.jpg 800w, https://lesecretderriereletableau.fr/wp-content/uploads/2026/03/1052609689-300x218.jpg 300w, https://lesecretderriereletableau.fr/wp-content/uploads/2026/03/1052609689-768x559.jpg 768w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></figure><div class="wp-block-media-text__content">
<p>Peintre américain spécialisé dans la peinture de paysage, Heade voyage en Amérique centrale et en Amérique du Sud où il se plaît à représenter la faune et la flore d&rsquo;une nature luxuriante.</p>



<p>Dans ce tableau de 1871, une orchidée cattleya occupe le premier plan. Son rose éclatant illumine la toile. Observez la délicatesse de ses pétales : le peintre souligne avec réalisme la beauté mais également la fragilité de cette fleur.</p>



<p>Depuis le XIXe siècle, elle symbolise l&rsquo;amour et la sensualité. Sous la plume de Proust, elle est même au coeur d&rsquo;une expression coquine. Pour Swann et Odette, la dame aux cattleyas, « faire catleya » (avec un seul t), c&rsquo;est faire l&rsquo;amour&#8230;</p>



<p>A droite, trois colibris colorés sont représentés dans des postures différentes et sous plusieurs angles. : posés , en vol, de dos, de face, de profil&#8230; Comme sur la planche d&rsquo;un naturaliste, l&rsquo;artiste nous révèle toutes les facettes de son étonnante morphologie. Au milieu des oiseaux, un nid, savant entremêlement de fibres végétales, abrite deux petits oeufs blancs.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>Par la proximité de l&rsquo;orchidée et des colibris, le peintre nous invite à nous étonner de leur différence de taille, le gigantisme de la fleur et la petitesse des oiseaux.&nbsp;</p>



<p>L&rsquo;arrière-plan, flou, contraste avec la netteté et la précision de l&rsquo;orchidée et des oiseaux, créant un effet de profondeur, à la manière du sfumato de Léonard de Vinci. Mais il s&rsquo;agit ici aussi de nous faire percevoir la touffeur humide de la forêt tropicale. A droite, une trouée de ciel bleu annonce la fin de l&rsquo;orage.&nbsp;</p>
</div></div>
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		<item>
		<title>La lavandière &#8211; Paul Camille Guigou</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sylvia Roustant]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 08 Mar 2026 09:55:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[XIXe siècle]]></category>
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					<description><![CDATA[Quelle gageure étrange que de réaliser un portrait&#8230;de dos !&#160; C&#8217;est pourtant ce que fait Guigou en choisissant de représenter sa lavandière, courbée sur son ouvrage, plongée dans sa lessive au point de sembler ignorer la présence du peintre et de ceux qui, comme nous, la regardent. Elle nous paraît bien mystérieuse&#8230; Quelques objets laissent [&#8230;]]]></description>
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<div class="wp-block-media-text is-stacked-on-mobile"><figure class="wp-block-media-text__media"><img loading="lazy" decoding="async" width="461" height="650" src="https://lesecretderriereletableau.fr/wp-content/uploads/2026/03/Lavandiere_1860_Paul_Guigou.jpg" alt="" class="wp-image-1288 size-full" srcset="https://lesecretderriereletableau.fr/wp-content/uploads/2026/03/Lavandiere_1860_Paul_Guigou.jpg 461w, https://lesecretderriereletableau.fr/wp-content/uploads/2026/03/Lavandiere_1860_Paul_Guigou-213x300.jpg 213w" sizes="(max-width: 461px) 100vw, 461px" /></figure><div class="wp-block-media-text__content">
<p>Quelle gageure étrange que de réaliser un portrait&#8230;de dos !&nbsp;</p>



<p>C&rsquo;est pourtant ce que fait Guigou en choisissant de représenter sa lavandière, courbée sur son ouvrage, plongée dans sa lessive au point de sembler ignorer la présence du peintre et de ceux qui, comme nous, la regardent. Elle nous paraît bien mystérieuse&#8230;</p>



<p>Quelques objets laissent deviner son activité : le tian en bas à gauche, qui contient le linge, et le « carrosse », ce bac en bois, souvent recouvert de paille ou de tissus, qui apporte un relatif confort à la femme agenouillée. Dans l&rsquo;arrière-plan droit, le linge étendu illustre l&rsquo;étape qui suivra son travail.</p>



<p>Dans la peinture réaliste d&rsquo;une femme du peuple à son dur labeur, Guigou s&rsquo;inspire des toiles de Gustave Courbet qu&rsquo;il a pu admirer à l&rsquo;exposition universelle de Paris en 1855. Sans visage, elle représente toutes les lavandières.</p>



<p>Mais au-delà du portrait, et c&rsquo;est peut-être aussi ce qui explique l&rsquo;anonymat de notre lavandière, c&rsquo;est sa chère Provence que met en scène le peintre originaire du Vaucluse. Formé aux Beaux-Arts de Marseille par Emile Loubon, proche des peintres de Barbizon, Guigou, pratique la peinture en plein air, « sur le motif ». Dans un paysage écrasé de soleil, la lavandière cherche l&rsquo;ombre au bord de la Durance et se protège de son chapeau provençal à larges bords. Les couleurs, ocres et bleu gris, semblent imprégnées de la poussière des été arides du Sud.&nbsp;</p>



<p>Les formes courbes, qui jalonnent la toile et guident notre regard du premier plan au dernier plan, confèrent à l&rsquo;ensemble douceur et sensualité : le tian, la courbe du bac, la jupe, le chapeau jusqu&rsquo;à l&rsquo;arche du pont dans l&rsquo;arrière-plan droit.&nbsp;</p>



<p>A la fin de sa (courte) vie, Guigou quitta la Provence pour Paris.. Au café Guerbois, il rencontra Sisley et Monet. Et lui qui peinait à vivre de sa peinture, donna alors des cours de dessin aux enfants de la baronne de Rothschild.</p>



<p></p>
</div></div>
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		<item>
		<title>Agate Le Vaisseau &#8211; collection Roger Caillois</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sylvia Roustant]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 01 Mar 2026 09:57:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[XXe siècle]]></category>
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<div class="wp-block-media-text is-stacked-on-mobile"><figure class="wp-block-media-text__media"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="768" src="https://lesecretderriereletableau.fr/wp-content/uploads/2026/03/Quartz_agate_le_vaisseau_Bresil_dation_Caillois-1024x768.jpg" alt="" class="wp-image-1284 size-full" srcset="https://lesecretderriereletableau.fr/wp-content/uploads/2026/03/Quartz_agate_le_vaisseau_Bresil_dation_Caillois-1024x768.jpg 1024w, https://lesecretderriereletableau.fr/wp-content/uploads/2026/03/Quartz_agate_le_vaisseau_Bresil_dation_Caillois-300x225.jpg 300w, https://lesecretderriereletableau.fr/wp-content/uploads/2026/03/Quartz_agate_le_vaisseau_Bresil_dation_Caillois-768x576.jpg 768w, https://lesecretderriereletableau.fr/wp-content/uploads/2026/03/Quartz_agate_le_vaisseau_Bresil_dation_Caillois.jpg 1280w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure><div class="wp-block-media-text__content">
<p>Mais ce n&rsquo;est pas un tableau, me direz-vous !&nbsp;</p>



<p>Pourtant, Roger Caillois, écrivain et sociologue auquel cette agate appartenait, y a vu, comme dans les centaines de pierres qu&rsquo;il collectionnait dans les vitrines de son appartement, l&rsquo;œuvre de la « natura pictrix », la nature peintre. Pour lui, les pierres sont des « tableaux involontaires de la nature somnambule ».</p>



<p>Caillois ne choisissait pas les pierres qu&rsquo;il achetait pour leur rareté ou leur perfection mais pour leur pouvoir suggestif. Et ces pierres lui ont inspiré des textes littéraires magnifiques. Quand la science de la minéralogie rencontre l&rsquo;art, le résultat est surprenant autant que séduisant&#8230;</p>



<p>Ainsi Caillois imagine dans cette agate  » une mer immense où s&rsquo;enfuient des galères, comme celle que le Romain surprit dans les prunelles d&rsquo;une reine d&rsquo;Orient déjà décidée à le trahir ».</p>



<p>L&rsquo;esprit humain ne peut s&#8217;empêcher de rapprocher la couleur, la forme de la pierre mais aussi les motifs que les hasards de la nature y ont imprimés, d&rsquo;objets qu&rsquo;il connaît. Reprenant une formule de Mallarmé, Caillois reconnaît là « le démon de l&rsquo;analogie ». « Tout se passe comme si l’esprit était ainsi fait qu’il ne peut ne s’empêcher de chercher une image reconnaissable dans ce qui ne saurait rien représenter » expliquait-il.</p>



<p>Ce phénomène s&rsquo;appelle la paréidolie, c&rsquo;est celui qui vous fait reconnaître des formes familières dans les nuages par exemple&#8230;</p>



<p>Et il touche même les plus grands génies. Léonard de Vinci invitait déjà ses contemporains à rêver des paysages en observant les fissures d&rsquo;un mur de pierre.</p>



<p>Alors vous aussi, libérez votre imagination&#8230; Que voyez-vous dans cette agate ?</p>



<p>(Photographie provenant de la pagé consacrée à Roger Caillois sur Wikipedia)</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Où voir l&rsquo;oeuvre : Galerie de minéralogie de Paris</p>
</blockquote>
</div></div>
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			</item>
		<item>
		<title>Le loup d&#8217;Agubbio &#8211; Luc Olivier Merson</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sylvia Roustant]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 22 Feb 2026 08:14:26 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[XIXe siècle]]></category>
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<div class="wp-block-media-text is-stacked-on-mobile"><figure class="wp-block-media-text__media"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="690" src="https://lesecretderriereletableau.fr/wp-content/uploads/2026/02/1280px-Luc-Olivier_Merson_-_Le_Loup_dAggubio-1-1024x690.jpg" alt="" class="wp-image-1281 size-full" srcset="https://lesecretderriereletableau.fr/wp-content/uploads/2026/02/1280px-Luc-Olivier_Merson_-_Le_Loup_dAggubio-1-1024x690.jpg 1024w, https://lesecretderriereletableau.fr/wp-content/uploads/2026/02/1280px-Luc-Olivier_Merson_-_Le_Loup_dAggubio-1-300x202.jpg 300w, https://lesecretderriereletableau.fr/wp-content/uploads/2026/02/1280px-Luc-Olivier_Merson_-_Le_Loup_dAggubio-1-768x518.jpg 768w, https://lesecretderriereletableau.fr/wp-content/uploads/2026/02/1280px-Luc-Olivier_Merson_-_Le_Loup_dAggubio-1.jpg 1280w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure><div class="wp-block-media-text__content">
<p style="font-style:normal;font-weight:400">La légende raconte qu&rsquo;au XIIe siècle, le petit village italien d&rsquo;Agubbio vécut dans la terreur d&rsquo;un loup qui dévorait les bêtes et les hommes si bien que les habitants n&rsquo;osaient plus sortir de chez eux. Saint François d&rsquo;Assise, qui parlait aux animaux, conclut un pacte avec la bête : désormais, l&rsquo;animal ne manquerait plus de nourriture car les villageois lui donnerait à manger et lui n&rsquo;attaquerait plus jamais. En signe d&rsquo;accord, le loup posa sa patte dans la main du saint. Il vécut ainsi deux ans en bonne intelligence avec les hommes puis mourut de vieillesse, laissant les villageois dans un profond désarroi.</p>



<p style="font-style:normal;font-weight:400">C&rsquo;est cette légende que le tableau de Merson met en scène. Dans un village enneigé, un loup, dont la fine auréole au-dessus de la tête rappelle son lien avec le saint, tend délicatement sa gueule vers un morceau de viande que lui offre un boucher. </p>



<p style="font-style:normal;font-weight:400">La confiance et l&rsquo;amour semblent régner entre les hommes et l&rsquo;animal : derrière le boucher, un bébé se penche vers le loup, tandis qu&rsquo;une petite fille le caresse dans un sourire, sous le regard approbateur de sa mère. Même le chat, dans les jambes du boucher, voudrait partager son repas. Le loup est d&rsquo;ailleurs mieux nourri que les autres animaux. Regardez le chien couché au premier plan à gauche : il se contente d&rsquo;un os à ronger. </p>



<p style="font-style:normal;font-weight:400">A droite, derrière la fontaine gelée, un homme habillé de vert, monté sur un cheval blanc qu&rsquo;il écarte d&rsquo;un mouvement de rênes, regarde la scène avec circonspection. Il n&rsquo;est sans doute pas du village, ignore tout du loup et, muni d&rsquo;un long bâton, il pourrait le chasser s&rsquo;il était plus courageux. Une religieuse l&rsquo;arrête d&rsquo;un geste de la main, le rassurant sur l&rsquo;animal, tandis que deux enfants rient de son effroi. </p>



<p style="font-style:normal;font-weight:400">Avez-vous remarqué les pigeons nombreux, au sol et en l&rsquo;air, autour de la fontaine ? Ils rappellent le lien privilégié des animaux et de Saint-François d&rsquo;Assise, lui qui prêchait ainsi aux oiseaux :</p>



<p style="font-style:normal;font-weight:400">« Mes frères les oiseaux, vous avez bien sujet de louer votre créateur et de l’aimer toujours ; Il vous a donné des plumes pour vous vêtir, des ailes pour voler et tout ce dont vous avez besoin pour vivre. </p>



<p style="font-style:normal;font-weight:400">De toutes les créatures de Dieu, c’est vous qui avez meilleure grâce ; il vous a dévolu pour champ l’espace et sa simplicité ; Vous n’avez ni à semer, ni à moissonner ; il vous donne le vivre et le couvert sans que vous ayez à vous en inquiéter. »</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Où voir l&rsquo;oeuvre : Palais des Beaux-Arts de Lille.</p>
</blockquote>
</div></div>
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		<title>Le Baiser &#8211; Carolus-Duran</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sylvia Roustant]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 15 Feb 2026 10:36:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[XIXe siècle]]></category>
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<div class="wp-block-media-text is-stacked-on-mobile"><figure class="wp-block-media-text__media"><img loading="lazy" decoding="async" width="960" height="970" src="https://lesecretderriereletableau.fr/wp-content/uploads/2026/02/960px-Carolus-Duran_1868_-_Le_baiser.jpg" alt="" class="wp-image-1276 size-full" srcset="https://lesecretderriereletableau.fr/wp-content/uploads/2026/02/960px-Carolus-Duran_1868_-_Le_baiser.jpg 960w, https://lesecretderriereletableau.fr/wp-content/uploads/2026/02/960px-Carolus-Duran_1868_-_Le_baiser-297x300.jpg 297w, https://lesecretderriereletableau.fr/wp-content/uploads/2026/02/960px-Carolus-Duran_1868_-_Le_baiser-768x776.jpg 768w" sizes="(max-width: 960px) 100vw, 960px" /></figure><div class="wp-block-media-text__content">
<p>Avant de devenir le portraitiste mondain de la bonne société parisienne, Carolus-Duran s&rsquo;est mis en scène dans plusieurs autoportraits dont le très romantique « Balser&rsquo;</p>



<p>Le jeune homme émerge d&rsquo;un fond sombre, il penche son visage aux joues rougies par la passion sur une belle endormie, une main dans ses cheveux defaits. Le temps semble suspendu avant que leur baiser ne scelle leur amour.</p>



<p>C&rsquo;est elle qui est mise en valeur : robe blanche dont les manches transparentes révèlent la peau délicate de ses bras, châle rouge qui capte la lumière et suggère, comme la rose dans ses cheveux, la passion qui les unit. Paupières closes et lèvres entrouvertes, elle s&rsquo;apprête à recevoir ce baiser. Sa main maintient celle de son amant sur son ventre.&nbsp;</p>



<p>Cette jeune femme, c&rsquo;est Pauline Croizette, que Carolus-Duran a fraîchement épousée. Elle aussi est artiste et tous deux se sont rencontrés au Louvre.</p>



<p>Si le temps retient maintenant son souffle, le vent de la passion semble avoir tout balayé jetant à terre le bouquet et bousculant la jeune femme étendue à même le sol.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Où voir l&rsquo;oeuvre : Palais des Beaux-Arts de Lille.</p>
</blockquote>
</div></div>



<p></p>
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		<title>La résurrection de la fille de Jaïre &#8211; Gabriel von Max</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sylvia Roustant]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 08 Feb 2026 09:28:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[XIXe siècle]]></category>
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<div class="wp-block-media-text is-stacked-on-mobile"><figure class="wp-block-media-text__media"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="699" src="https://lesecretderriereletableau.fr/wp-content/uploads/2026/02/telechargement-1024x699.jpeg" alt="" class="wp-image-1273 size-full" srcset="https://lesecretderriereletableau.fr/wp-content/uploads/2026/02/telechargement-1024x699.jpeg 1024w, https://lesecretderriereletableau.fr/wp-content/uploads/2026/02/telechargement-300x205.jpeg 300w, https://lesecretderriereletableau.fr/wp-content/uploads/2026/02/telechargement-768x524.jpeg 768w, https://lesecretderriereletableau.fr/wp-content/uploads/2026/02/telechargement.jpeg 1070w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure><div class="wp-block-media-text__content">
<p>Il est un amour infini qui console et qui relève. Un amour qui donne sans rien attendre en retour. Un amour qui donne parfois plus que ce que l&rsquo;on attend.</p>



<p>C&rsquo;est cet amour qu&rsquo;illustre l&rsquo;épisode de la résurrection de la fille de Jaïre tiré de l&rsquo;Évangile selon Marc. Jaïre est un des chefs de la synagogue. Sa fille est mourante et il supplie Jésus de venir la sauver. Mais le Sauveur arrive trop tard et la maison retentit des larmes et des cris de deuil. « L&rsquo;enfant n&rsquo;est pas morte, mais elle dort » rassure pourtant Jésus.</p>



<p>Gabriel von Max, peintre mystique, féru de spiritisme, saisit dans un clair-obscur l&rsquo;nstant suspendu entre la vie et la mort, l&rsquo;instant où la mort n&rsquo;est qu&rsquo;un songe dont on se réveille, l&rsquo;instant précis du miracle de la résurrection, du retour d&rsquo;entre les morts.</p>



<p>Dans ce tableau à la composition horizontale,&nbsp; l&rsquo;enfant au teint blafard et aux cheveux défaits, déjà enveloppée dans un linceul blanc, semble avoir rejoint le monde des morts. Une mouche noire posée sur son bras blanc suggère la décomposition et la pourriture.&nbsp;</p>



<p>Pourtant la main de Jésus, qui tient celle de la jeune fille, la ramène à la vie. Déjà les yeux de la miraculée s&rsquo;entrouvrent. Inondée de la lumière divine, elle a quitté l&rsquo;ombre de la mort, reléguée en arrière-plan. Bientôt Jésus lui dira de se lever et elle se lèvera.&nbsp;</p>



<p>« Ne crains pas, crois seulement » dit Jésus à Jaïre, l&rsquo;invitant à cette confiance aveugle et irrationnelle que seule confère la foi.</p>



<p>Et le spectateur, dont le regard s&rsquo;accroche au profil doux de Jésus, d&rsquo;espérer qu&rsquo;il tourne, maintenant, enfin, son visage plein d&rsquo;amour sur lui.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Où voir l&rsquo;oeuvre : Musée des Beaux-Arts de Montréal</p>
</blockquote>
</div></div>
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		<title>Chasseurs dans la neige &#8211; Pierre Brueghel l&#8217;Ancien</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sylvia Roustant]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 25 Jan 2026 08:22:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Renaissance]]></category>
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<div class="wp-block-media-text is-stacked-on-mobile"><figure class="wp-block-media-text__media"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="729" src="https://lesecretderriereletableau.fr/wp-content/uploads/2026/01/1280px-Pieter_Bruegel_the_Elder_-_Hunters_in_the_Snow_Winter_-_Google_Art_Project-1024x729.jpg" alt="" class="wp-image-1268 size-full" srcset="https://lesecretderriereletableau.fr/wp-content/uploads/2026/01/1280px-Pieter_Bruegel_the_Elder_-_Hunters_in_the_Snow_Winter_-_Google_Art_Project-1024x729.jpg 1024w, https://lesecretderriereletableau.fr/wp-content/uploads/2026/01/1280px-Pieter_Bruegel_the_Elder_-_Hunters_in_the_Snow_Winter_-_Google_Art_Project-300x214.jpg 300w, https://lesecretderriereletableau.fr/wp-content/uploads/2026/01/1280px-Pieter_Bruegel_the_Elder_-_Hunters_in_the_Snow_Winter_-_Google_Art_Project-768x547.jpg 768w, https://lesecretderriereletableau.fr/wp-content/uploads/2026/01/1280px-Pieter_Bruegel_the_Elder_-_Hunters_in_the_Snow_Winter_-_Google_Art_Project.jpg 1280w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure><div class="wp-block-media-text__content">
<p>Pour le banquier et collectionneur d&rsquo;art Niclaes Jonghelinck, Brueghel l&rsquo;Ancien a peint une série de 6 tableaux, des huiles sur panneaux de bois, représentant des paysages à des saisons différentes. Il s&rsquo;inscrit en cela dans la continuité des livres d&rsquo;heures qui comportaient un calendrier avec un paysage pour chaque mois et les activités humaines qui se déroulaient à cette période de l&rsquo;année.</p>



<p>« Chasseurs dans la neige » représente les mois de décembre et janvier. Brueghel va inaugurer la peinture des paysages enneigés qui connaîtra un grand succès, d&rsquo;autant que ces tableaux reflètent une réalité météorologique. Du XIVe au début du XIXe siècle, l&rsquo;Europe connaît en effet un refroidissement climatique tel qu&rsquo;on parle de petit âge glaciaire.</p>



<p>Pour autant, les paysages de Brueghel laissent une large place à l&rsquo;imaginaire. Observez les montagnes à l&rsquo;arrière-plan. Elles ne sont pas très représentatives des paysages flamands ! Brueghel l&rsquo;Ancien a voyagé en Italie, en France, et, impressionné par les paysages alpins, il en intègre le souvenir dans ses oeuvres.</p>



<p>Le titre du tableau se focalise sur la scène au premier plan à gauche : des hommes rentrent de la chasse, courbés par la fatigue et leur difficile progression dans la neige. Les empreintes profondes laissent deviner la quantité de neige qui recouvre le sol. Leurs chiens sont épuisés aussi et semblent souffrir du froid et de l&rsquo;humidité.</p>



<p>Nous sommes près des chasseurs et comme eux, nous surplombons la vallée. A gauche, des personnages allument un feu devant une auberge. Puis les arbres nus et recouverts de neige guident notre regard vers des étendues d&rsquo;eau gelées où des gens patinent et s&rsquo;amusent. Plus loin encore un village autour de son église, puis un château au pied des montagnes. Plus près de nous, à droite, un homme traverse un pont. En contrebas, un moulin est pris dans la glace. C&rsquo;est tout un petit monde et ses personnages miniatures. Ce qui frappe, c&rsquo;est que quels que soient l&rsquo;éloignement et la taille des personnages, ces derniers sont représentés avec une remarquable précision.</p>



<p>Mais au-delà du réalisme, le tableau contient aussi une portée religieuse et morale. Le paysage, dans sa diversité, célèbre la création divine. Les patineurs, quant à eux, représentent l&rsquo;humanité fragile, qui risque à tout moment de glisser vers le mal, de chuter. D&rsquo;ailleurs, si vous vous approchez bien, sur le plan d&rsquo;eau le plus éloigné, un personnage est tombé. De plus, à gauche des deux plans d&rsquo;eau, on aperçoit un piège à oiseaux, comme sur un autre tableau de Brueghel : dans ce motif alors fréquent, les oiseaux symbolisent les hommes prêts à tomber dans les pièges du Diable.&nbsp;</p>



<p>Sur la page blanche du paysage enneigé, Brueghel l&rsquo;Ancien écrit l&rsquo;histoire du monde et des hommes, multipliant les scènes et les personnages, comme autant de signes à déchiffrer.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Où voir l&rsquo;oeuvre : Kunsthistorisches Museum, Vienne.</p>
</blockquote>
</div></div>
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		<title>Symphonie en blanc n°1 &#8211; James Abbott McNeill Whistler</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sylvia Roustant]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 18 Jan 2026 07:41:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[XIXe siècle]]></category>
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<p><br></p>



<div class="wp-block-media-text is-stacked-on-mobile"><figure class="wp-block-media-text__media"><img loading="lazy" decoding="async" width="511" height="1024" src="https://lesecretderriereletableau.fr/wp-content/uploads/2026/01/Whistler_James_Symphony_in_White_no_1_The_White_Girl_1862-511x1024.jpg" alt="" class="wp-image-1265 size-full" srcset="https://lesecretderriereletableau.fr/wp-content/uploads/2026/01/Whistler_James_Symphony_in_White_no_1_The_White_Girl_1862-511x1024.jpg 511w, https://lesecretderriereletableau.fr/wp-content/uploads/2026/01/Whistler_James_Symphony_in_White_no_1_The_White_Girl_1862-150x300.jpg 150w, https://lesecretderriereletableau.fr/wp-content/uploads/2026/01/Whistler_James_Symphony_in_White_no_1_The_White_Girl_1862-768x1540.jpg 768w, https://lesecretderriereletableau.fr/wp-content/uploads/2026/01/Whistler_James_Symphony_in_White_no_1_The_White_Girl_1862-766x1536.jpg 766w, https://lesecretderriereletableau.fr/wp-content/uploads/2026/01/Whistler_James_Symphony_in_White_no_1_The_White_Girl_1862-1022x2048.jpg 1022w, https://lesecretderriereletableau.fr/wp-content/uploads/2026/01/Whistler_James_Symphony_in_White_no_1_The_White_Girl_1862-scaled.jpg 1277w" sizes="(max-width: 511px) 100vw, 511px" /></figure><div class="wp-block-media-text__content">
<p>Dans un camaïeu de blanc, une femme nous regarde, l&rsquo;air un peu absent.</p>



<p>Chevelure rousse, yeux verts, bouche rouge, joues roses, seul son visage contraste avec le reste du tableau.</p>



<p>C&rsquo;est Joanna Hiffernan, le modèle et la compagne du peintre. Elle posera aussi pour Gustave Courbet avec lequel elle aura une liaison.</p>



<p>On reprocha à Whistler d&rsquo;avoir utilisé un très grand format, le tableau fait 2,13 de haut, format normalement réservé aux portraits de la bourgeoisie, pour&#8230;une immigrée Irlandaise. Le tableau, refusé au Salon, sera exposé au Salon des Refusés&#8230;en face du scandaleux « Déjeuner sur l&rsquo;herbe » de Manet.</p>



<p>Joanna pose dans une longue robe blanche aux épaules bouffantes. Sa taille est soulignée par une ceinture blanche. Derrière elle, un rideau blanc masque la profondeur de champ. Elle tient un lys blanc à la main, mais sa posture, bras pendant, témoignagne d&rsquo;une certaine lassitude et ne le met pas en valeur. A ses pieds s&rsquo;étale une peau de loup, dont la tête semble étrangement vivante : l&rsquo;animal nous regarde, gueule ouverte, montrant ses crocs acérés. Autour de la tête, les bords de la peau paraissent rougis de sang. Au pied de la femme, sur la peau de bête, un bouquet de fleurs colorées s&rsquo;étale.</p>



<p>Le critique Castagnary a voulu voir dans cette toile la représentation symbolique de la perte de la virginité. Le blanc représenterait l&rsquo;innocence de la jeune fille, le loup l&rsquo;image de la violence masculine, le bouquet au sol la fin de l&rsquo;innocence.&nbsp;</p>



<p>Mais, pour Whistler, ses 50 nuances de blancs sont en réalité des variations symphoniques , comme le suggère le titre du tableau. Pour l&rsquo;artiste qui côtoie Baudelaire à Paris, « les couleurs et les sons se répondent » selon les correspondances définies par le poète symboliste qui théorise l&rsquo;expérience de la synesthésie. D&rsquo;ailleurs d&rsquo;autres tableaux de Whistler portent des titres qui renvoient à la musique : symphonies, nocturnes&#8230;</p>



<p>Le peintre américain aura une grande influence sur les artistes de son époque et servira lui-même de modèle littéraire pour le peintre Elstir chez Proust et pour Jean des Esseintes dans le roman « À Rebours » de Huysmans.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>Où voir l&rsquo;oeuvre : National Gallery of Art, Washington, DC.</p>
</blockquote>
</div></div>
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