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	<title>Le Secret derrière le Tableau</title>
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	<title>Le Secret derrière le Tableau</title>
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		<title>Femme au tournesol &#8211; Mary Cassatt</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sylvia Roustant]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 11 Oct 2026 08:01:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[XIXe siècle]]></category>
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<div class="wp-block-media-text is-stacked-on-mobile"><figure class="wp-block-media-text__media"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="822" height="1024" src="https://lesecretderriereletableau.fr/wp-content/uploads/2026/10/Mother_and_Child_-_Cassatt_1905-822x1024.jpg" alt="" class="wp-image-1375 size-full" srcset="https://lesecretderriereletableau.fr/wp-content/uploads/2026/10/Mother_and_Child_-_Cassatt_1905-822x1024.jpg 822w, https://lesecretderriereletableau.fr/wp-content/uploads/2026/10/Mother_and_Child_-_Cassatt_1905-241x300.jpg 241w, https://lesecretderriereletableau.fr/wp-content/uploads/2026/10/Mother_and_Child_-_Cassatt_1905-768x956.jpg 768w, https://lesecretderriereletableau.fr/wp-content/uploads/2026/10/Mother_and_Child_-_Cassatt_1905-1233x1536.jpg 1233w, https://lesecretderriereletableau.fr/wp-content/uploads/2026/10/Mother_and_Child_-_Cassatt_1905.jpg 1280w" sizes="(max-width: 822px) 100vw, 822px" /></figure><div class="wp-block-media-text__content">
<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;Americaine Mary Cassatt est l&rsquo;une des seules femmes du groupe impressionniste. Mais contrairement à ses confrères, elle ne peint guère le plein air. Ses sujets privilégiés, elle les trouve dans la sphère privée où sont alors confinées les femmes. Des instants doux et intimistes comme cette scène de tendre complicité entre une mère et son enfant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La femme est assise sur un fauteuil vert. Sa tenue d&rsquo;un vert plus clair, sans doute un déshabillé, est rehaussée par de longues et amples manches jaunes et un tournesol à la poitrine. Ce jaune vif, ainsi que sa chevelure rousse, contrastent avec les couleurs tendres du reste du tableau, conférant beaucoup d&rsquo;énergie à la scène. Sur les genoux de la femme est assise une petite fille nue et toutes deux se regardent dans le miroir à main qu&rsquo;elles tiennent ensemble. Mais dans ce miroir, nous ne voyons que le reflet du visage de l&rsquo;enfant qui rappelle celui de sa mère : moue boudeuse aux lèvres rouges, joues très roses, regard intense et cheveux roux, alors que ses cheveux semblent en réalité blonds.</p>



<p class="wp-block-paragraph">A l&rsquo;arrière plan, un autre miroir, plus grand, accroché au mur, nous montre les personnages sous un autre angle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà de la complicité entre la mère et la fille, c&rsquo;est un moment de transmission qui est représenté ici. Le tableau souligne l&rsquo;importance du paraître dans l&rsquo;univers féminin. Mais soigner son apparence n&rsquo;est pas nécessairement une activité prisée par les femmes comme le suggère l&rsquo;absence de sourire, voire le sérieux, des personnages qui s&rsquo;observent dans le miroir. Mary Cassatt dénonce peut-être le diktat de la beauté et de la séduction imposé au sexe féminin. « Tu devras être toujours belle et soignée, ma fille.&rsquo;&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais le message féministe est encore plus fort qu&rsquo;il n&rsquo;y paraît. En 1905, le tournesol est depuis quelques années le symbole des suffragettes du Kansas qui luttent pour obtenir le droit de vote. MaryCassatt ne l&rsquo;ignore pas et cette toile fut d&rsquo;ailleurs exposée avec d&rsquo;autres en 1915 à la galerie Knoedler à New-York . La vente de ces tableaux avait pour but de financer la campagne pour le droit de vote des femmes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La mère ne transmet donc pas à sa fille une leçon de coquetterie, elle plante les graines de l&rsquo;émancipation.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">Où voir l&rsquo;oeuvre : National Gallery of Art, Washington.</p>
</blockquote>
</div></div>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Flaming June &#8211; Frederic Leighton</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sylvia Roustant]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 03 Oct 2026 15:07:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>
		<category><![CDATA[XIXe siècle]]></category>
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					<description><![CDATA[Lovée au milieu de ses voiles qui l&#8217;entourent d&#8217;un cocon protecteur, elle dort comme un fruit mûr. Chaste sieste au soleil ou repos qui suit l&#8217;amour ? Ses joues et son oreille rosies, sa chevelure rousse et son corps que sa robe flamboyante révèle autant qu&#8217;elle ne le cache confèrent au tableau une grande sensualité. [&#8230;]]]></description>
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<div class="wp-block-media-text is-stacked-on-mobile"><figure class="wp-block-media-text__media"><img decoding="async" width="1023" height="1024" src="https://lesecretderriereletableau.fr/wp-content/uploads/2026/10/Flaming_June_by_Frederic_Lord_Leighton_1830-1896-1023x1024.jpg" alt="" class="wp-image-1370 size-full" srcset="https://lesecretderriereletableau.fr/wp-content/uploads/2026/10/Flaming_June_by_Frederic_Lord_Leighton_1830-1896-1023x1024.jpg 1023w, https://lesecretderriereletableau.fr/wp-content/uploads/2026/10/Flaming_June_by_Frederic_Lord_Leighton_1830-1896-150x150.jpg 150w, https://lesecretderriereletableau.fr/wp-content/uploads/2026/10/Flaming_June_by_Frederic_Lord_Leighton_1830-1896-300x300.jpg 300w, https://lesecretderriereletableau.fr/wp-content/uploads/2026/10/Flaming_June_by_Frederic_Lord_Leighton_1830-1896-767x768.jpg 767w, https://lesecretderriereletableau.fr/wp-content/uploads/2026/10/Flaming_June_by_Frederic_Lord_Leighton_1830-1896-600x600.jpg 600w, https://lesecretderriereletableau.fr/wp-content/uploads/2026/10/Flaming_June_by_Frederic_Lord_Leighton_1830-1896.jpg 1280w" sizes="(max-width: 1023px) 100vw, 1023px" /></figure><div class="wp-block-media-text__content">
<p class="wp-block-paragraph">Lovée au milieu de ses voiles qui l&rsquo;entourent d&rsquo;un cocon protecteur, elle dort comme un fruit mûr. Chaste sieste au soleil ou repos qui suit l&rsquo;amour ? Ses joues et son oreille rosies, sa chevelure rousse et son corps que sa robe flamboyante révèle autant qu&rsquo;elle ne le cache confèrent au tableau une grande sensualité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Derrière elle, le soleil méditerranéen fait scintiller la mer mais un auvent qui occupe le bord supérieur du tableau la protège de ses rayons. Ses voiles aux couleurs chaudes contrastent avec la fraîcheur du marbre où elle se repose.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le peintre anglais Frederic Leighton nous convie à un moment de grâce : chez ce partisan de l&rsquo;art pour la beauté, la peinture n&rsquo;est pas narrative, ne nous raconte rien.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant la présence inquiétante de la mort plane sur cette scène à l&rsquo;atmosphère apaisante, à la beauté saisissante. Regardez les fleurs posées derrière la jeune femme, ce sont des fleurs de laurier-rose, une plante méditerranéene toxique. Observez également la position de la jeune femme : avec sa jambe pliée, son bras ramené vers la tête, elle rappelle la sculpture de Michel-Ange, l&rsquo;allégorie de la Nuit qui orne le tombeau de Julien de Médicis à Florence. Le sommeil et la mort se côtoient souvent avec une étrange familiarité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est le dernier chef-d&rsquo;oeuvre de Leighton, peint en 1895, l&rsquo;année même de la mort de l&rsquo;artiste. Acheté et publié l&rsquo;année suivante par le magazine « The Graphic » pour son numéro de Noël, le tableau de cette belle endormie séduit les familles anglaises qui se hâtent d&rsquo;en décorer leur salon. Puis celle que l&rsquo;on surnomme aujourd&rsquo;hui parfois « la Joconde de l&rsquo;hémisphère sud » a eu un mystérieux destin : elle a disparu de nombreuses années avant d&rsquo;être rachetée à plusieurs reprises pour une bouchée de pain. En 1963, Luis A. Ferré la rachète pour son Museo de Arte de Ponce à Porto-Rico où la belle dort encore aujourd&rsquo;hui&#8230;</p>
</div></div>
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		<title>Mosaïque de l&#8217;asàrotos oikos &#8211; Héraclite</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sylvia Roustant]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 19 Sep 2026 12:11:38 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Antiquité]]></category>
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<div class="wp-block-media-text is-stacked-on-mobile"><figure class="wp-block-media-text__media"><img decoding="async" width="1024" height="514" src="https://lesecretderriereletableau.fr/wp-content/uploads/2026/09/Messy_floor_mosaic-1024x514.jpg" alt="" class="wp-image-1366 size-full" srcset="https://lesecretderriereletableau.fr/wp-content/uploads/2026/09/Messy_floor_mosaic-1024x514.jpg 1024w, https://lesecretderriereletableau.fr/wp-content/uploads/2026/09/Messy_floor_mosaic-300x150.jpg 300w, https://lesecretderriereletableau.fr/wp-content/uploads/2026/09/Messy_floor_mosaic-768x385.jpg 768w, https://lesecretderriereletableau.fr/wp-content/uploads/2026/09/Messy_floor_mosaic.jpg 1280w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure><div class="wp-block-media-text__content">
<p class="wp-block-paragraph">Vous vous échinez à tenir votre maison propre et bien rangée ! Eh bien figurez-vous que dans l&rsquo;antiquité les détritus au sol faisaient au contraire entièrement partie du décor !&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pénétrez avec moi dans ce triclinium d&rsquo;une villa de l&rsquo;époque d&rsquo;Hadrien, située sur l&rsquo;Aventin, une des sept collines de Rome. A vos pieds les restes d&rsquo;un festin jonchent le sol mais ne craignez pas de marcher dedans: c&rsquo;est en réalité un trompe-l&rsquo;oeil de l&rsquo;artiste Héraclite, une mosaïque qui appartient au genre de l&rsquo; « Asarotos œcos », ce qui signifie « sol non balayé ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette tradition esthétique remonte, selon Pline l&rsquo;Ancien, à Sosus de Pergame, le premier à avoir créé ce type de décor. Et l&rsquo;on peut y voir l&rsquo;ancêtre de la nature morte.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur des tesselles blanches en pâte de verre, des émaux colorés figurent des pattes de crustacés, des raisins, des arêtes de poissons, des os de poulet, des coquillages, des oursins, des coquilles de noix et même une souris qui vient finir les restes. Observez les ombres au sol : elles apportent un réalisme troublant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces aliments témoignent assurément du régime alimentaire et des goûts culinaires des Romains mais aussi de leurs coutumes. A moitié couchés, ils se servent avec les mains, dans des plats qui sont parfois disposés loin d&rsquo;eux. Grands sont alors les risques de faire tomber la nourriture au sol ! Or, on ne ramasse pas cette nourriture tombée au sol car elle est considérée comme la part des morts.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Reconnaissez toutefois qu&rsquo;il s&rsquo;agit là d&rsquo;une bien étrange décoration. S&rsquo;agit-il, dans cette salle consacrée au festin, d&rsquo;afficher la richesse et la générosité de la nature ou bien de l&rsquo;hôte ? De condamner la gloutonnerie ? Est-ce une manière d&rsquo;inciter les invités à la propreté dans une société où l&rsquo;on a déjà mis en place la collecte et le recyclage des déchets ? Ou au contraire de dissimuler les vrais détritus au milieu des faux ?</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">Où voir l&rsquo;oeuvre : Musée du Vatican.</p>
</blockquote>
</div></div>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Dame de coeur &#8211; Gerda Wegener &#8211; 1928</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sylvia Roustant]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 12 Sep 2026 14:09:45 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[XXe siècle]]></category>
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					<description><![CDATA[Vous voyez cette femme qui joue aux cartes ? Négligemment assise, pieds sur les chaises et jambes pliées qui relèvent la robe, courte, et révèlent un jupon, elle laisse couler derrière elle un regard langoureux. Elle a l&#8217;allure provocatrice des garçonnes des Années Folles, cheveux courts, cigarette entre ses lèvres ourlées d&#8217;un rouge flamboyant, maquillage [&#8230;]]]></description>
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<div class="wp-block-media-text is-stacked-on-mobile"><figure class="wp-block-media-text__media"><img loading="lazy" decoding="async" width="598" height="750" src="https://lesecretderriereletableau.fr/wp-content/uploads/2026/09/gerda-wegener_queen-of-hearts_1928_photo-morten-pors_aware_women-artists_artistes-femmes-598x750-1.jpg" alt="" class="wp-image-1362 size-full" srcset="https://lesecretderriereletableau.fr/wp-content/uploads/2026/09/gerda-wegener_queen-of-hearts_1928_photo-morten-pors_aware_women-artists_artistes-femmes-598x750-1.jpg 598w, https://lesecretderriereletableau.fr/wp-content/uploads/2026/09/gerda-wegener_queen-of-hearts_1928_photo-morten-pors_aware_women-artists_artistes-femmes-598x750-1-239x300.jpg 239w" sizes="(max-width: 598px) 100vw, 598px" /></figure><div class="wp-block-media-text__content">
<p class="wp-block-paragraph">Vous voyez cette femme qui joue aux cartes ? Négligemment assise, pieds sur les chaises et jambes pliées qui relèvent la robe, courte, et révèlent un jupon, elle laisse couler derrière elle un regard langoureux. Elle a l&rsquo;allure provocatrice des garçonnes des Années Folles, cheveux courts, cigarette entre ses lèvres ourlées d&rsquo;un rouge flamboyant, maquillage appuyé aussi sur les joues et les yeux, elle lit le journal et boit de l&rsquo;alcool. Mais sa carte fetiche n&rsquo;en est pas moins la séduisante Dame de coeur et dans ce tableau on se joue des genres.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Plus encore que vous ne pensez !</p>



<p class="wp-block-paragraph">Savez-vous en effet qu&rsquo;ici le modèle de la peintre danoise Gerda Wegener n&rsquo;est autre que&#8230;son mari Einar Wegener ? Le couple s&rsquo;est rencontré en 1902 à l’Académie royale des Beaux-Arts de Copenhague où ils étudiaient tous les deux la peinture.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dès 1917, il s&rsquo;installent à Paris. Les mœurs y sont plus libres et l&rsquo;art plus avant-gardiste.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un jour où le modèle de Gerda, qui réalise essentiellement des portraits de femmes, est absent, son mari le remplace, travesti en femme. Peu à peu il se prend au jeu, devient la muse de sa femme et se crée même un avatar féminin, Lili Elbe, que Gerda présente à tous comme la sœur de son époux. Lili Elbe pose de nombreuses fois pour sa femme et connait un succès phénoménal. Einar sera le premier homme à subir en Allemagne une opération pour changer de sexe, financée par Gerda qui le soutient et considère Lili comme sa meilleure amie. Seul compte l&rsquo;amour quelles que soient ses formes. De fait, le mariage du couple sera annulé par le roi du Danemark. Lili disparaît dans des circonstances tragiques : voulant devenir mère, elle subit une nouvelle opération dont les conséquences lui coûteront la vie. </p>
</div></div>
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		<title>La Trahison des images &#8211; René Magritte</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sylvia Roustant]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 06 Sep 2026 09:25:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>
		<category><![CDATA[XXe siècle]]></category>
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<div class="wp-block-media-text is-stacked-on-mobile"><figure class="wp-block-media-text__media"><img loading="lazy" decoding="async" width="560" height="420" src="https://lesecretderriereletableau.fr/wp-content/uploads/2026/09/ma-150089-WEB.jpg" alt="" class="wp-image-1357 size-full" srcset="https://lesecretderriereletableau.fr/wp-content/uploads/2026/09/ma-150089-WEB.jpg 560w, https://lesecretderriereletableau.fr/wp-content/uploads/2026/09/ma-150089-WEB-300x225.jpg 300w" sizes="(max-width: 560px) 100vw, 560px" /></figure><div class="wp-block-media-text__content">
<p class="wp-block-paragraph">Ce tableau, aux dimensions modestes (60 par 80 cm), représente un simple objet du quotidien, une pipe en bois, qui occupe quasiment toute la toile et semble flotter sur un fond neutre, beige.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La pipe est représentée avec un grand réalisme, Magritte jouant sur les couleurs et sur les effets de lumière pour rendre compte de la matière et du volume de l&rsquo;objet. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Sous la pipe est inscrite une phrase pour le moins paradoxale qui vient remettre en cause, par l&#8217;emploi de la forme négative, ce que nous avions vu.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette phrase manuscrite, à l&rsquo;écriture soignée, associée à un objet hors de tout contexte n&rsquo;est pas sans évoquer les affiches pédagogiques, les leçons de choses accrochées aux murs des classes. Mais au lieu de dire ce que c&rsquo;est, la légende dit ce que ce n&rsquo;est pas.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Loin du rêve et de la poésie de ses confrères surréalistes, le peintre belge se fait ici philosophe et amorce une réflexion sur les relations que l&rsquo;art entretient avec la réalité.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Bien sûr que ce n&rsquo;est pas une pipe, on ne pourrait la bourrer de tabac et la fumer. Il s&rsquo;agit ici non d&rsquo;une pipe mais de sa représentation. Le mince cadre noir autour de la toile souligne le fait que ce n&rsquo;est qu&rsquo;une image.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le titre,  » La trahison des images », est une mise en garde : les images nous trompent, elles imitent la réalité mais ne sont pas la réalité. Le pluriel « les images » nous invite dès lors à nous méfier, à partir de celle-là de toutes les images, à adopter un recul critique. Et à l&rsquo;heure où l&rsquo;intelligence artificielle génère ou modifie des images de manière de plus en plus indétectable, cette méfiance est plus que jamais d&rsquo;actualité.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La légende comme le titre donnent son sens à l&rsquo;image. Est-ce à dire que les mots, plus que les images, sont dignes de confiance ? Regardez attentivement le tableau. Quel rapport y a-t-il entre l&rsquo;objet et le mot qui le désigne, entre le signifié et le signifiant ? Aucun. Le mot est un signe arbitraire comme l&rsquo;explique le linguiste Ferdinand de Saussure.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais nom d&rsquo;une pipe, alors à quoi se fier si les images et les mots ne sont qu&rsquo;un reflet approximatif ou mensonger de la réalité ?</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">Où voir l&rsquo;oeuvre : Musée d&rsquo;art du comté de Los Angeles</p>
</blockquote>
</div></div>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Cousant la voile &#8211; Joaquin Sorolla</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sylvia Roustant]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 29 Aug 2026 13:08:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[XIXe siècle]]></category>
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<div class="wp-block-media-text is-stacked-on-mobile"><figure class="wp-block-media-text__media"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="746" src="https://lesecretderriereletableau.fr/wp-content/uploads/2026/08/Venice_Sewing_the_Sail_by_Joaquin_Sorolla_y_Bastida_-_Museo_darte_moderna-1024x746.jpg" alt="" class="wp-image-1352 size-full" srcset="https://lesecretderriereletableau.fr/wp-content/uploads/2026/08/Venice_Sewing_the_Sail_by_Joaquin_Sorolla_y_Bastida_-_Museo_darte_moderna-1024x746.jpg 1024w, https://lesecretderriereletableau.fr/wp-content/uploads/2026/08/Venice_Sewing_the_Sail_by_Joaquin_Sorolla_y_Bastida_-_Museo_darte_moderna-300x218.jpg 300w, https://lesecretderriereletableau.fr/wp-content/uploads/2026/08/Venice_Sewing_the_Sail_by_Joaquin_Sorolla_y_Bastida_-_Museo_darte_moderna-768x559.jpg 768w, https://lesecretderriereletableau.fr/wp-content/uploads/2026/08/Venice_Sewing_the_Sail_by_Joaquin_Sorolla_y_Bastida_-_Museo_darte_moderna.jpg 1280w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure><div class="wp-block-media-text__content">
<p class="wp-block-paragraph">Le peintre espagnol présenta cette toile, avec d&rsquo;autres, à l&rsquo; Exposition universelle de Paris, y obtenant ainsi le Grand Prix.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le tableau est à la fois très réaliste comme souvent chez Sorolla qui aime à montrer le travail des petites gens et très poétique conduisant le regardeur à rêver à de nouveaux et lointains horizons.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des femmes s&rsquo;affairent à coudre une voile de bateau avec sérieux et concentration sous le regard attentif de deux hommes, sans doute les marins ou les propriétaires du bateau. Mais l&rsquo;ambiance est aussi aux bavardages et aux rires, complicité d&rsquo;une journée de labeur baignée par la lumière joyeuse du soleil méditerranéen.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La voile, qui tient au centre la majeure partie de la toile, semble étonnamment être le sujet principal. Sa blancheur contraste avec le vert de la végétation qui orne le lieu de travail.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais, à y regarder de près, la voile est loin d&rsquo;être toute blanche et Sorolla, à la manière des impressionnistes qu&rsquo;il connaît bien, joue sur les effets d&rsquo;ombres et de lumière. Les rayons de soleil qui traversent les feuillages n&rsquo;illuminent pas uniformément le tissu et lui confèrent son aspect tacheté.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La composition de la toile est impressionnante : la voile, les personnages au bord de la voile et la végétation qui les encadre forment autant de lignes de fuite qui guident le regard vers une porte ouverte sur l&rsquo;horizon et la mer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le travail est le prélude à une invitation au voyage. Voyage dont les femmes seront exclues, cantonnées telles des Pénélope à un patient ouvrage manuel. Mais leur travail, préparatoire ou réparateur, de couture est indispensable à la conquête masculine des mers. Et hommes et femmes unissent ici leurs compétences dans un moment de bonheur qui précède l&rsquo;aventure et ses éventuels tempêtes et dangers, bien que l&rsquo;horizon semble calme.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">Où voir l&rsquo;oeuvre : Musée Sorolla, Madrid.</p>
</blockquote>
</div></div>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Jésus et la femme adultère &#8211; Faux Vermeer &#8211; Vrai Van Meegeren</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sylvia Roustant]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 22 Aug 2026 09:15:33 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[XXe siècle]]></category>
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<div class="wp-block-media-text is-stacked-on-mobile"><figure class="wp-block-media-text__media"><img loading="lazy" decoding="async" width="552" height="604" src="https://lesecretderriereletableau.fr/wp-content/uploads/2026/08/han_van_meegeren-11dcc.jpg" alt="" class="wp-image-1348 size-full" srcset="https://lesecretderriereletableau.fr/wp-content/uploads/2026/08/han_van_meegeren-11dcc.jpg 552w, https://lesecretderriereletableau.fr/wp-content/uploads/2026/08/han_van_meegeren-11dcc-274x300.jpg 274w" sizes="(max-width: 552px) 100vw, 552px" /></figure><div class="wp-block-media-text__content">
<p class="wp-block-paragraph">Je vois bien que vous êtes un peu déçu par le choix de ce tableau, qu&rsquo;il ne vous plaît pas plus que cela. Sachez toutefois que cette toile était la préférée de Göring, le bras droit de Hitler. Elle met en scène un épisode de l&rsquo;Évangile selon Jean. Des Pharisiens amènent à Jésus une femme adultère que la loi de Moïse ordonne de lapider et attendent sa réaction. Le Christ leur répond « Que celui d&rsquo;entre vous qui est sans péché lui jette la première pierre » et il pardonne à la femme, aux yeux ici baissés de contrition. Göring fit l&rsquo;acquisition du tableau en 1942 pour la coquette somme de 1 650 000 florins néerlandais. Pour ce collectionneur féru de peinture de la Renaissance et des grands maîtres classiques du Nord, cette oeuvre de Vermeer n&rsquo;avait pas de prix.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Problème, à la fin de la guerre, on découvrit que ce tableau était un faux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La justice avait mis la main sur l&rsquo;imposante collection de Goring, qui s&rsquo;était servi allègrement au Jeu de Paume à Paris parmi les œuvres spoliées aux collectionneurs et marchands d&rsquo;art juifs. Au total 1376 tableaux, 250 sculptures et 168 tapisseries. La justice remonta jusqu&rsquo;à Han van Meegeren, un néerlandais, qui, pour avoir vendu un chef d&rsquo;oeuvre national à l&rsquo;ennemi encourt la peine capitale.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais celui-ci se défendit en se vantant d&rsquo;avoir dupé Goring, de lui avoir vendu un faux Vermeer qu&rsquo;il avait lui-même peint. Lors de son procès, pour convaincre la justice, Van Meegeren dut réaliser un nouveau Vermeer : Jésus et les docteurs. Les experts sont convaincus et Van Meegeren passe aussitôt du statut de traître à celui de héros national.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Van Meegeren n&rsquo;en est pas à son coup d&rsquo;essai, il a déjà réalisé Jésus et les disciples d&rsquo;Emmaüs, considéré comme un chef d&rsquo;oeuvre de Vermeer par Bredius, le grand spécialiste du peintre, et acheté une fortune par le musée Boijmans Van Beuningen de Rotterdam.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant si vous êtes amateurs de Vermeer, vous avez sûrement du mal à voir le rapport entre ces grands formats religieux et les petites toiles de genre qui mettent en scène des anonymes de son temps dans des intérieurs bourgeois.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">En fait Van Meegeren s&rsquo;est engouffré dans une brèche ouverte par les historiens de l&rsquo;art. Lorsque Bredius, le spécialiste de Vermeer, découvre « Le Christ chez Marthe et Marie », les historiens de l&rsquo;art sont persuadés que Vermeer a peint des tableaux religieux avant de se spécialiser dans les scènes de genre. Van Meegeren leur offre alors le chainon manquant qu&rsquo;ils attendent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais comment un peintre du XXe siècle peut-il faire passer ses œuvres pour des toiles du XVIIe siècle ? D&rsquo;abord, Van Meegeren a été formé par un maître qui ne jurait que par la peinture classique et lui a appris les techniques et les secrets des maîtres de l&rsquo;Age d&rsquo;or hollandais. Ensuite, le faussaire se procurait des toiles sans valeur du XVIIe siècle qu&rsquo;il grattait pour les repeindre. Surtout, il conservait les craquelures de la peinture d&rsquo;origine et les réutilisait pour ses propres œuvres. Enfin il mélangeait un tout nouvel ingrédient à ses pigments, la bakélite : une fois passés au four ses tableaux prenaient ainsi un aspect vieilli. Bien sûr si des experts avaient cherché de la bakélite, ils auraient repéré la supercherie mais pourquoi en aurait-il eu l&rsquo;idée ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon un témoin, lorsque le criminel de guerre nazi apprit que son tableau préféré était un faux, « il avait l’air pour la première fois de découvrir qu’il y avait du mal dans le monde. ». Mais bon, il aurait été mal placé pour jeter à Van Meegeren la première pierre&#8230;</p>
</div></div>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Circé &#8211; Wright Barker</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sylvia Roustant]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 18 Jul 2026 06:36:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[XIXe siècle]]></category>
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<div class="wp-block-media-text is-stacked-on-mobile"><figure class="wp-block-media-text__media"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="705" src="https://lesecretderriereletableau.fr/wp-content/uploads/2026/07/Circe_by_Wright_Barker_1889-1024x705.jpg" alt="" class="wp-image-1344 size-full" srcset="https://lesecretderriereletableau.fr/wp-content/uploads/2026/07/Circe_by_Wright_Barker_1889-1024x705.jpg 1024w, https://lesecretderriereletableau.fr/wp-content/uploads/2026/07/Circe_by_Wright_Barker_1889-300x207.jpg 300w, https://lesecretderriereletableau.fr/wp-content/uploads/2026/07/Circe_by_Wright_Barker_1889-768x529.jpg 768w, https://lesecretderriereletableau.fr/wp-content/uploads/2026/07/Circe_by_Wright_Barker_1889.jpg 1260w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure><div class="wp-block-media-text__content">
<p class="wp-block-paragraph">Dans l&rsquo;île d&rsquo;Eéa, dans un somptueux palais, vit Circé, déesse et magicienne, entourée de ses lions et de ses loups. S&rsquo;ils sont peints avec autant de réalisme, c&rsquo;est que le peintre britannique est avant tout un peintre animalier, spécialisé dans les animaux domestiques et les scènes de chasse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ici, Wright Barker choisit de représenter un épisode mythologique. Le spectateur se substitue à l&rsquo;un des compagnons d&rsquo;Ulysse qui, dans l&rsquo;Odyssée d&rsquo;Homère, pénètre dans le palais de Circé, attiré par la voix enchanteresse de la magicienne. Mais comment représenter cette voix en peinture ? C&rsquo;est ce que suggère la bouche entrouverte de Circé et surtout la lyre qu&rsquo;elle tient de sa main gauche. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous, spectateurs, sommes encore à bonne distance de Circé mais déjà elle exerce sur nous une fascination extraordinaire. Du haut d&rsquo;un escalier de marbre, elle est en contre-plongée, nous donnant l&rsquo;impression d&rsquo;être à la fois petits et faibles devant sa toute-puissance. Notre regard remonte lentement le long de son corps : ses pieds nus dans ses sandales écrasent une peau de tigre, sa robe en voile blanc laisse deviner un genou, ses épaules et ses seins sont nus soulignés par des voiles qui flottent autour d&rsquo;elle comme animés d&rsquo;un souffle magique, ses cheveux bruns coiffés d&rsquo;un diadème en or contrastent avec la blancheur laiteuse de sa peau. De sa main droite, elle semble nous faire signe d&rsquo;approcher.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais méfions-nous des animaux sauvages qui l&rsquo;entourent. Ils ont l&rsquo;air doux et paisible. Mais ils nous fixent quand même avec une inquiétante intensité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Savez-vous qui ils sont vraiment ? Ce sont des hommes qu&rsquo;elle a transformés en bêtes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les compagnons d&rsquo;Ulysse qui s&rsquo;approchent avec nous, trop confiants, ne tarderont pas à être changés en porcs et à devenir à leur tour les prisonniers de Circé. D&rsquo;ailleurs les feuilles qui s&rsquo;accrochent à la colonne ne préfigurent-elles pas le maléfice ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Jonchant le sol de ce palais antique, les fleurs de pavot évoquent l&rsquo;opium ou le laudanum, philtres magiques des temps modernes, consommées à l&rsquo;époque de l&rsquo;Angleterre victorienne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sarah Williamson, maître de conférences à l&rsquo;Université de Huddersfield, qui sensibilise les étudiants à la représentation des femmes dans l&rsquo;art, propose une parodie de ce tableau, faisant poser une Barbie à côté d&rsquo;un tigre en peluche. Elle imagine la commande du tableau : « “Je voudrais une jeune beauté séduisante, à moitié dévêtue, enfermée et avec du gros gibier”, aurait dit le commanditaire ». « “Que diriez-vous de Circé, avec cinq ou six tigres ?” aurait répondu l’artiste. “Tout le monde admirera votre intérêt pour la mythologie grecque.” Une manière sarcastique de dénoncer l&rsquo;attrait pour les beautés dénudées dans l&rsquo;art selon les époques. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais ne nous méprenons pas, Homère ne faisait pas de Circé un objet sexuel. C&rsquo;est même plutôt l&rsquo;inverse&#8230;car Ulysse ne sauvera ses compagnons de leur métamorphose et ne se fera de Circé une alliée qu&rsquo;en acceptant de coucher avec elle.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">Où voir l&rsquo;oeuvre : Cartwright Hall Art Gallery, Bradford.</p>
</blockquote>
</div></div>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Fuyant la critique &#8211; Pere Borrell del Caso</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sylvia Roustant]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 12 Jul 2026 04:44:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[XIXe siècle]]></category>
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<div class="wp-block-media-text is-stacked-on-mobile"><figure class="wp-block-media-text__media"><img loading="lazy" decoding="async" width="673" height="841" src="https://lesecretderriereletableau.fr/wp-content/uploads/2026/07/Escaping_criticism-by_pere_borrel_del_caso.png" alt="" class="wp-image-1341 size-full" srcset="https://lesecretderriereletableau.fr/wp-content/uploads/2026/07/Escaping_criticism-by_pere_borrel_del_caso.png 673w, https://lesecretderriereletableau.fr/wp-content/uploads/2026/07/Escaping_criticism-by_pere_borrel_del_caso-240x300.png 240w" sizes="(max-width: 673px) 100vw, 673px" /></figure><div class="wp-block-media-text__content">
<p class="wp-block-paragraph">Mais que font les gardiens de musées ? Voilà un personnage qui s&rsquo;échappe de son tableau sous nos regards impuissants.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ici, le peintre défie les lois de l&rsquo;art figé qu&rsquo;est celui du portrait. Sous son pinceau, l&rsquo;enfant prend vie, se met en mouvement et conquiert sa liberté.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pere Borrell del Caso est un peintre catalan qui, comme en témoigne cette oeuvre, maîtrise le réalisme. Son succès fut tel qu&rsquo;on lui proposa un poste d&rsquo;enseignant à l&rsquo;Ecole des Beaux-Arts de Barcelone. Soucieux de son indépendance, il refusa et créa sa propre académie. Il peignit de nombreuses scènes religieuses et des portraits mais nombre de ses tableaux furent détruits pendant la Guerre d&rsquo;Espagne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette oeuvre de 1874 est aujourd&rsquo;hui la plus célèbre. C&rsquo;est un trompe-l&rsquo;œil, un tableau sur lequel l&rsquo;artiste, jouant sur les ombres et la perspective, créé l&rsquo;illusion d&rsquo;une troisième dimension. Un jeune garçon s&rsquo;échappe de son tableau, comme d&rsquo;une prison, enjambant une fenêtre que représente le cadre et s&rsquo;accrochant à son encadrement.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce jeune garçon est sans doute pauvre. Regardez son torse maigre qui laisse voir ses os, son pied nu noirci par la poussière. Il ressemble par ses vêtements comme par sa coiffure au mendiant de Murillo peint une dizaine d&rsquo;années plus tôt. Est-ce de cette cave ou de ce cachot sombre que s&rsquo;échappe l&rsquo;enfant de notre tableau ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le clair obscur qui maintient dans l&rsquo;ombre l&rsquo;arrière-plan laisse planer le mystère sur ce qu&rsquo;il fuit et met l&rsquo;enfant dans la lumière. Ses joues rosies suggèrent qu&rsquo;il a couru. Mais pour échapper à qui, à quoi ? Et regardez ses yeux exorbités. Est-il terrifié par quelqu&rsquo;un qui le poursuit ou ébahi par ce qu&rsquo;il découvre au-delà du tableau ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le titre « Fuyant la critique » n&rsquo;est pas le titre original , il a été attribué quelques années plus tard et n&rsquo;est pas de l&rsquo;artiste. Il suggère non sans humour la bêtise et la cruauté de certains jugements critiques sur les œuvres d&rsquo;art, les personnages des tableaux préférant fuir que supporter, stoïques, les jugements et les moqueries. Un des titres originaux était « Una cosa que no puede ser », « une chose qui ne peut être » soulignant la volonté de l&rsquo;artiste de tromper notre regard, de nous faire croire à ce qui n&rsquo;est pas et ne peut être.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Vous voulez un secret ? Ce tableau est conservé à la banque d&rsquo;Espagne à Madrid. De là à imaginer que notre mendiant est un voleur qui s&rsquo;échappe après avoir dérobé des billets comme dans un épisode de la Casa de Papel&#8230;</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">Où voir l&rsquo;oeuvre : Banque d&rsquo;Espagne, Madrid.</p>
</blockquote>
</div></div>
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		<title>La caverne du Pont-Neuf &#8211; JR</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Sylvia Roustant]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 27 Jun 2026 15:27:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[XXIe siècle]]></category>
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<div class="wp-block-media-text is-stacked-on-mobile"><figure class="wp-block-media-text__media"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="768" src="https://lesecretderriereletableau.fr/wp-content/uploads/2026/06/PXL_20260621_144003706.MP_-1024x768.jpg" alt="" class="wp-image-1336 size-full" srcset="https://lesecretderriereletableau.fr/wp-content/uploads/2026/06/PXL_20260621_144003706.MP_-1024x768.jpg 1024w, https://lesecretderriereletableau.fr/wp-content/uploads/2026/06/PXL_20260621_144003706.MP_-300x225.jpg 300w, https://lesecretderriereletableau.fr/wp-content/uploads/2026/06/PXL_20260621_144003706.MP_-768x576.jpg 768w, https://lesecretderriereletableau.fr/wp-content/uploads/2026/06/PXL_20260621_144003706.MP_-1536x1152.jpg 1536w, https://lesecretderriereletableau.fr/wp-content/uploads/2026/06/PXL_20260621_144003706.MP_-2048x1536.jpg 2048w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure><div class="wp-block-media-text__content">
<p class="wp-block-paragraph">Il est en ce moment à Paris une image aussi surprenante que rafraîchissante en ces temps de canicule, ce sont ces glaciers, ces montagnes enneigées qui donnent au Pont-Neuf un étonnant relief.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant, cette vision n&rsquo;est-elle pas une hallucination de nos esprits surchauffés ? Car ce qu&rsquo;a imaginé l&rsquo;artiste JR est en réalité une caverne. Une caverne qui rappelle l&rsquo;origine du Pont-Neuf. Celui qui est aujourd&rsquo;hui le plus vieux pont de Paris brilla au XVIe siècle par ses aspects novateurs : la pierre remplaçait le bois, trop souvent sujet aux incendies, les premiers trottoirs longeaient le pont qui pour la première fois était dépourvu d&rsquo;habitations.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La caverne rappelle ainsi l&rsquo;élément minéral, le calcaire qui servit à construire le Pont-Neuf, extrait de carrières de l&rsquo;Oise, dont JR s&rsquo;est inspiré pour ses croquis&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette caverne&nbsp; est comme toutes les cavernes un refuge protecteur puisqu&rsquo;on peut y pénétrer et même la traverser.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ses dimensions impressionnantes, 120 mètres de long, 20 mètres de large et de 12 à 18 mètres de hauteur, en font l&rsquo;installation immersive la plus grande du monde.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">A l&rsquo;intérieur, c&rsquo;est Thomas Bangalter, un ancien Daft Punk, qui a conçu l&rsquo;habillage sonore, minimaliste et mystérieux. Il accompagne cette traversée que JR conçoit comme un cheminement intérieur mais aussi comme une réflexion sur l&rsquo;illusion, à la manière de la caverne de Platon.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si la caverne étonne aujourd&rsquo;hui Parisiens et touristes, ce n&rsquo;est pas la première fois que le Pont-Neuf disparaît ainsi sous l&rsquo;oeuvre d&rsquo;un artiste. En 1985, Christo et Jeanne-Claude emballaient ce même pont . D&rsquo;ailleurs, c&rsquo;est avec Vladimir Yavachev, le neveu de Christo, que JR a eu l&rsquo;idée de cet hommage au couple d&rsquo;artistes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais en 2026, plus de paquet cadeau, l&rsquo;heure n&rsquo;est plus au consumérisme. Ce symbole de force minérale qui se dresse au milieu de la Seine suggère, paradoxalement, la fragilité de la nature, au moment où le réchauffement climatique se fait plus que jamais sentir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En effet, cette gigantesque structure gonflable que certains voient comme un glacier, va, dans quelques jours, fondre en quelques heures puisqu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une oeuvre éphémère. De plus, quelques jours avant son ouverture au public, victime de la pluie et du vent qui ont frappé la capitale, la toile s&rsquo;est déchirée en plusieurs endroits et a dû être réparée en urgence. Tels des alpinistes escaladant la structure gonflable, des cordistes ont alors réinstallé la toile.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Car la caverne du Pont-Neuf témoigne de la force du collectif : plus de 850 personnes ont ainsi participé à la création de ce projet monumental.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La structure a notamment été réalisée par une petite entreprise bretonne à la réputation internationale, ATC, spécialisée dans les structures gonflables gigantesques. Celle-ci avait déjà emballé le Charles-de-Gaulle à l&rsquo;occasion de son inauguration et participé à la cérémonie d&rsquo;ouverture de la Coupe du Monde de 1998.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">Où voir l&rsquo;oeuvre : Pont-Neuf à Paris.</p>
</blockquote>
</div></div>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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