La résurrection de la fille de Jaïre – Gabriel von Max

Il est un amour infini qui console et qui relève. Un amour qui donne sans rien attendre en retour. Un amour qui donne parfois plus que ce que l’on attend.

C’est cet amour qu’illustre l’épisode de la résurrection de la fille de Jaïre tiré de l’Évangile selon Marc. Jaïre est un des chefs de la synagogue. Sa fille est mourante et il supplie Jésus de venir la sauver. Mais le Sauveur arrive trop tard et la maison retentit des larmes et des cris de deuil. « L’enfant n’est pas morte, mais elle dort » rassure pourtant Jésus.

Gabriel von Max, peintre mystique, féru de spiritisme, saisit dans un clair-obscur l’nstant suspendu entre la vie et la mort, l’instant où la mort n’est qu’un songe dont on se réveille, l’instant précis du miracle de la résurrection, du retour d’entre les morts.

Dans ce tableau à la composition horizontale,  l’enfant au teint blafard et aux cheveux défaits, déjà enveloppée dans un linceul blanc, semble avoir rejoint le monde des morts. Une mouche noire posée sur son bras blanc suggère la décomposition et la pourriture. 

Pourtant la main de Jésus, qui tient celle de la jeune fille, la ramène à la vie. Déjà les yeux de la miraculée s’entrouvrent. Inondée de la lumière divine, elle a quitté l’ombre de la mort, reléguée en arrière-plan. Bientôt Jésus lui dira de se lever et elle se lèvera. 

« Ne crains pas, crois seulement » dit Jésus à Jaïre, l’invitant à cette confiance aveugle et irrationnelle que seule confère la foi.

Et le spectateur, dont le regard s’accroche au profil doux de Jésus, d’espérer qu’il tourne, maintenant, enfin, son visage plein d’amour sur lui.

Où voir l’oeuvre : Musée des Beaux-Arts de Montréal

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