Cousant la voile – Joaquin Sorolla

Le peintre espagnol présenta cette toile, avec d’autres, à l’ Exposition universelle de Paris, y obtenant ainsi le Grand Prix.

Le tableau est à la fois très réaliste comme souvent chez Sorolla qui aime à montrer le travail des petites gens et très poétique conduisant le regardeur à rêver à de nouveaux et lointains horizons.

Des femmes s’affairent à coudre une voile de bateau avec sérieux et concentration sous le regard attentif de deux hommes, sans doute les marins ou les propriétaires du bateau. Mais l’ambiance est aussi aux bavardages et aux rires, complicité d’une journée de labeur baignée par la lumière joyeuse du soleil méditerranéen. 

La voile, qui tient au centre la majeure partie de la toile, semble étonnamment être le sujet principal. Sa blancheur contraste avec le vert de la végétation qui orne le lieu de travail.

Mais, à y regarder de près, la voile est loin d’être toute blanche et Sorolla, à la manière des impressionnistes qu’il connaît bien, joue sur les effets d’ombres et de lumière. Les rayons de soleil qui traversent les feuillages n’illuminent pas uniformément le tissu et lui confèrent son aspect tacheté. 

La composition de la toile est impressionnante : la voile, les personnages au bord de la voile et la végétation qui les encadre forment autant de lignes de fuite qui guident le regard vers une porte ouverte sur l’horizon et la mer.

Le travail est le prélude à une invitation au voyage. Voyage dont les femmes seront exclues, cantonnées telles des Pénélope à un patient ouvrage manuel. Mais leur travail, préparatoire ou réparateur, de couture est indispensable à la conquête masculine des mers. Et hommes et femmes unissent ici leurs compétences dans un moment de bonheur qui précède l’aventure et ses éventuels tempêtes et dangers, bien que l’horizon semble calme.

Où voir l’oeuvre : Musée Sorolla, Madrid.

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