Le musée détourné : Le radeau de la méduse – Pierre-Adrien Sollier

C’est bientôt Noël et pour quelques instants je vous propose de retomber en enfance…. Imaginez un monde où les jouets prennent vie, quittent leur boîte et s’invitent dans les tableaux les plus célèbres de l’histoire de l’art. C’est un peu la nuit de Noël au musée… Ce monde, Pierre-Adrien Sollier l’a inventé pour nous. Dans ses œuvres, les Playmobils remplacent les personnages qui peuplent les toiles des grands maîtres.

L’artiste, qui est à la fois graphiste, animateur et illustrateur, rêvait de créer les décors des films d’animation. Pendant ses études, il commence à utiliser des Playmobils mais aussi d’autres jouets pour concevoir des stotyboards animés. Il trouve ces petits figurines en plastique particulièrement intéressantes et, malgré leur posture et leur sourire figés, très expressives.

Il commence alors à les mettre en scène dans des tableaux célèbres. Cet artiste accompli maîtrise la copie et passe avec aisance d’un style à l’autre : Léonard de Vinci, Vermeer, Delacroix, Renoir, Le Douanier Rousseau… Pour lui,ce qui est essentiel pour rendre l’atmosphère d’un tableau, ce sont les couleurs et la lumière. Il a déjà réalisé une soixantaine d’œuvres.

Il garde une tendresse toute particulière pour son premier tableau avec des Playmobils : « Le radeau de la Méduse » d’après Géricault. Pas facile de reproduire une scène aussi pathétique avec de petits personnages ludiques qui sourient tout le temps !

Et pourtant Pierre-Adrien Sollier n’est pas si éloigné de Géricault dans sa manière de procéder. En effet, pour ce tableau, Géricault avait fait réaliser une maquette du radeau par le charpentier de « La Méduse » et il utilisait de petites figurines de cire pour représenter ses personnages. De plus, si les Playmobils se ressemblent tous beaucoup et semblent manquer d’individualité, n’oublions pas que Géricault avait utilisé trois fois le même modèle noir, Joseph, pour réaliser trois personnages différents.

Pour rendre le teint cadavérique des naufragés, Pierre-Adrien Sollier a choisi des Playmobils verts. Si leur sourire contraste avec le tragique de la situation, il dit aussi l’espoir. Quant aux mains des figurines, toujours figées dans un geste de préhension, elles rendent avec acuité l’appel à l’aide adressé au bateau à l’horizon, particulièrement pour les personnages qui agitent un tissu en sa direction. Avez-vous remarqué la signature de l’artiste et la date sous les pieds d’un des Playmobils ? L’artiste se joue des contraintes de ses petites figurines et en tire avec habileté et humour le meilleur parti.

Jusqu’au 18 janvier 2026, Pierre-Adrien Sollier expose une partie de ses œuvres à Bercy Village. Venez les découvrir au hasard des passages de ce lieu atypique et dégustez-les une à une à la manière d’un chocolat dans un calendrier de l’Avent.

(Avec l’aimable autorisation de l’artiste qui a accepté de répondre à toutes les questions indiscrètes du Secret !)

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