Nature morte avec nid et lézard – Rachel Ruysch

Sylvia Roustant <syroustant@gmail.com>Pièces jointes08:23 (il y a 2 minutes)
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En plein siècle d’or hollandais, la peintre néerlandaise Rachel Ruysch se consacre depuis sa prime jeunesse aux natures mortes, un genre qu’à l’époque les femmes sont libres de pratiquer parce qu’elles peuvent travailler sans sortir de chez elle.

Mais les natures mortes de Rachel Ruysch sont, elles, pleines de vie : au milieu de fleurs et de fruits, elle ajoute des insectes, des papillons, des grenouilles et autres lézards. Approchez-vous, encore plus près, et promenez votre regard dans le tableau pour découvrir la variété de la faune et de la flore.

Il faut dire que Rachel est la fille de Frederik Ruysch, un anatomiste et botaniste qui enseigne au jardin botanique d’Amsterdam. Il y possède un riche cabinet de curiosités où les plantes côtoient les animaux et même les foetus. Il a mis au point une recette secrète pour les conserver le plus longtemps possible avec l’apparence de la vie, un mélange de cire, d’alcool et d’autres substances chimiques. Ainsi Rachel peut observer tout à loisir les fleurs qu’elle peint, sans qu’elles ne fânent trop vite. 

Le XVIIe siècle voit en outre l’invention du microscope. Les scientifiques comme les artistes peuvent désormais observer et représenter dans les moindres détails les éléments les plus petits du vivant

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Malgré la précision du travail de Rachel, il ne faut pas voir l’œuvre d’une scientifique. Elle fait cohabiter sur ses tableaux des végétaux qui fleurissent à des époques différentes de l’année, des plantes et des animaux qui vivent dans différentes régions du monde. 

Parfois, c’est le travail de son père qui l’induit en erreur : sur l’une de ses toiles, elle représente un lézard d’un bleu magnifique qui est en réalité vert…mais bleuit conservé dans l’alcool.

Ses tableaux sont peut-être plus historiques que scientifiques, rendant compte de la puissance des Pays-Bas dans le monde, en Afrique, en Asie et en Amérique. Observez en effet l’épi de maïs en bas à gauche, il vient tout droit d’Amérique. 

Surtout, ses tableaux font l’objet d’une véritable mise en scène dramatique : le fond est sombre, le centre fortement éclairé et les animaux sont en action. Ainsi le lézard qui s’apprête, gueule ouverte, à dévorer les oeufs du nid en bas à droite ou encore e lézard qui chasse le papillon.

Vous ne connaissiez pas Rachel Ruysch ? Pourtant elle a peint jusqu’à ses 83 ans, des centaines de tableaux. Elle avait tellement de succès qu’elle fut la première femme à intégrer la Guilde des peintres de La Haye, en 1701. Plus étonnant encore, ses œuvres se vendaient de son vivant plus cher que celles d’un certain… Rembrandt, parfois jusqu’à deux fois plus cher ! Et tout cela en élevant 10 enfants dont le dernier qu’elle mit au monde à l’âge de 47 ans. Une vraie force de la nature, cette Rachel, et qui lui rendit bien hommage…

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