Orchidée cattleya et trois colibris – Martin Johnson Heade

Peintre américain spécialisé dans la peinture de paysage, Heade voyage en Amérique centrale et en Amérique du Sud où il se plaît à représenter la faune et la flore d’une nature luxuriante.

Dans ce tableau de 1871, une orchidée cattleya occupe le premier plan. Son rose éclatant illumine la toile. Observez la délicatesse de ses pétales : le peintre souligne avec réalisme la beauté mais également la fragilité de cette fleur.

Depuis le XIXe siècle, elle symbolise l’amour et la sensualité. Sous la plume de Proust, elle est même au coeur d’une expression coquine. Pour Swann et Odette, la dame aux cattleyas, « faire catleya » (avec un seul t), c’est faire l’amour…

A droite, trois colibris colorés sont représentés dans des postures différentes et sous plusieurs angles. : posés , en vol, de dos, de face, de profil… Comme sur la planche d’un naturaliste, l’artiste nous révèle toutes les facettes de son étonnante morphologie. Au milieu des oiseaux, un nid, savant entremêlement de fibres végétales, abrite deux petits oeufs blancs.  

Par la proximité de l’orchidée et des colibris, le peintre nous invite à nous étonner de leur différence de taille, le gigantisme de la fleur et la petitesse des oiseaux. 

L’arrière-plan, flou, contraste avec la netteté et la précision de l’orchidée et des oiseaux, créant un effet de profondeur, à la manière du sfumato de Léonard de Vinci. Mais il s’agit ici aussi de nous faire percevoir la touffeur humide de la forêt tropicale. A droite, une trouée de ciel bleu annonce la fin de l’orage. 

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